L’objectif que vise ce blog est double. Premièrement, il s’agit de construire une réflexion critique sur notre monde, ce qu’il est, et ce qu’il conviendrait de faire pour l’améliorer. Deuxièmement, il doit permettre d’échanger avec des lecteurs et commentateurs sur les points de réflexions abordés par chaque billet qui sera posté.

Dès lors, il convient de définir ce que « notre monde » signifie. L’on reprend ici la définition, purement conceptuelle, de l’environnement donnée par l’Académie d’agriculture de France [1] qui me paraît correspondre le mieux à ce « notre monde » : l’environnement, ce qui nous entoure, nous, êtres humains, est vu comme un triptyque de trois milieux en interaction : la biosphère, l’anthroposphère, et la technosphère. Définissons chacun de ces termes.

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Définition de l’environnement

La biosphère

Commençons par la biosphère. Il s’agit de l’ensemble de l’environnement physique (contraintes du système solaire externe et de la dynamique du système terrestre), des cycles biogéochimiques (cycles du carbone, de l’eau…) et de l’ensemble des organismes vivants, dont l’être humain si celui-ci exerce des pressions réduites sur cet environnement. Grace à l’écologie, la prépondérance d’un équilibre naturellement installé a été remise en cause, et « n’apparaît plus que comme un moment rare et précaire de dynamiques naturelles dont le régime le plus fréquent est celui des perturbations » [2 ; 3]. Ainsi, se produisent des accidents naturels, d’origine géologique comme l’éruption d’un volcan, céleste comme la chute d’un astéroïde, etc.

Jusqu’à six mille ans avant notre ère, la biosphère constituait l’unique sphère qui environnait l’être humain. Ce dernier, peu développé, peu outillé, n’était pas en mesure de modifier la biosphère avec des impacts durables. Son organisation sociale était limitée.

L’étude de la biosphère est assurée par les sciences de la vie et de la terre (écologie, géologie, climatologie, etc.) et les autres sciences dites « dures » (mathématiques, physique, chimie, etc.).

L’anthroposphère

L’anthroposphère est le concept qui représente l’organisation politique, sociale, institutionnelle, spirituelle, artistique, intellectuelle, technique, etc. de la Société humaine dans son ensemble. Ce domaine est caractérisé par la démographie, des besoins pour assurer la survie ou le confort des humains, des schémas d’organisation de la vie publique assurant la cohésion de la Société.

Ce milieu a grandi concomitamment avec la démographie, et donc avec la nécessité d’aménager le territoire pour assurer aux êtres humains nourriture et confort. Le développement de la culture des sols et de l’élevage, la construction de puits, de viaduc, et autres canaux, sont des exemples d’aménagement du territoire. Les connaissances en agronomie permettent de mieux travailler la terre pour en tirer les meilleurs rendements.

L’étude de l’anthroposphère est assurée par les sciences sociales, politiques, la psychologie, l’histoire, etc.

La technosphère

La technosphère est le milieu des sciences, des techniques, et des technologies, produit par l’être humain et maîtrisant les contraintes de la biosphère afin de l’exploiter et/ou de l’adapter à ses besoins. Elle est caractérisée par le niveau de développement, la gestion des systèmes économiques, la demande en ressources énergétiques et minérales, les infrastructures, etc. La technosphère se développe grâce à l’application, par les sciences de l’ingénieur, des découvertes des autres sciences « dures ». Son impact grandit avec la révolution industrielle. C’est dans ce domaine également que sont mises en application les différents modes de gestion de la production de biens et de services.

Conséquences pour l’analyse

Il faut reconnaître que le lecteur candide peut s’interroger quant à la multiplicité des concepts reliés à la notion d’environnement. En effet, si dans le langage commun, la protection de l’environnement est synonyme de protection de la Nature, celle-ci en est, dans notre définition, simplement l’une des facettes. Ledit lecteur doit comprendre que la protection de la Nature, ou pour reprendre les termes précédemment définis, de la biosphère, n’a de sens qu’aux yeux de l’espèce humaine puisque sans cette Nature, l’être humain ne peut survivre. Autrement dit, c’est pour assurer sa survie que l’espèce humaine doit se soucier de son impact sur la Nature.

En étendant la protection de la Nature à la protection de l’environnement tel qu’il a été défini par le triptyque biosphère-anthroposphère-technosphère, on comprend bien que les deux derniers domaines sont d’une égale importance que le premier. Quel futur pour l’espèce humaine sans cohésion sociale, sans système politique ? Quel futur pour l’espèce humaine sans aménagement de son territoire, sans outillage ?

Comprendre notre monde nécessite donc de comprendre chaque sphère de l’environnement, leur évolution propre, et leurs interactions. Dans ce blog, je m’efforcerai, pour chaque sujet abordé, de le resituer dans le modèle décrit ici. Cette manière de procéder peut paraître fastidieuse, elle l’est certainement, mais je crois qu’elle facilitera la réflexion et sa communication.


[1] Perrier Alain (2004) « Une réflexion interdisciplinaire à l’Académie d’agriculture de France », Natures Sciences Sociétés 4/2004 (Vol. 12) , p. 418-423, www.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2004-4-page-418.htm

[2] C. Larrère (2012) « Les éthiques environnementales » Natures Sciences Sociétés, 18, 405–413, https://www.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2010-4-page-405.htm

[3] P. Blandin (2012) « De la protection de la natureau pilotage de la biodiversité », Sciences en questions, éd. Quae, https://www.cairn.info/de-la-protection-de-la-nature-au-pilotage-de-la-bi–9782759203062.htm

Initialement publié le 18 octobre 2016. Dernière mise à jour le 5 novembre 2016.

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